Retour sur une carrière chargée d’histoire et consacrée aux milieux humides du Québec

(courtoisie de Canards Illimités Canada www.ducks.ca)

Après avoir commencé, par une belle journée d’été, à pelleter de la boue dans un marais à spartine, Bernard Filion a mené pendant 43 ans une carrière chargée d’histoire auprès de CIC. Il a consacré une volonté indéfectible à la conservation des milieux humides au Québec. Grâce à ses nombreuses contributions, cette province est en meilleure santé et plus durable.

À l’approche de son départ à la retraite cet été, nous faisons un retour sur tout ce qu’il nous laisse d’inspirant pour la sauvagine, les autres représentants de la faune et les collectivités qui dépendent des milieux humides si chers au Québec.

Les premières années

En mai 1977, Bernard Filion a débuté son emploi avec Canards Illimités comme étudiant et en 1981, il devient un employé à temps plein. Il a parcouru le sud du Québec et l’Abitibi à la recherche de milieux humides à restaurer. Il a collaboré à l’aménagement de nombreux sites de conservation des milieux humides de CIC au Québec. Il a travaillé notamment, avec d’autres partenaires du Plan conjoint des habitats de l’Est (PCHE) dans le cadre du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, à mettre au point les outils stratégiques de partage des connaissances et d’information essentielle dont nous disposons aujourd’hui.

Bernard a été au cœur des mesures adoptées pour la gestion des habitats et des populations d’oies des neiges ainsi que pour l’eider duvert touchées par le choléra aviaire dans l’estuaire du Saint-Laurent. En même temps, il a mené des études et des travaux de recherche en agronomie, ce qui lui a permis de décrocher une maîtrise portant sur les dommages causés aux récoltes par les oies des neiges et sur les solutions qu’il recommandait.

À la tête des efforts de CIC au Québec

En 2003, Bernard Filion devient le directeur des opérations provinciales de CIC pour le Québec. Dans les 22 années et plus passées sur le terrain, il a su exprimer ses talents de meneur, de visionnaire et de rassembleur.

Bernard Filion a joué un rôle décisif en invitant des partenaires du PCHE à réaliser le portrait des milieux humides pour chacune des 17 régions administratives du Québec. Il a aussi réussi à persuader le ministère de l’Environnement du Québec à investir conjointement dans la cartographie détaillée des milieux humides du sud du Québec. Accessibles au public sur Internet, ces cartes apportent aux gouvernements, aux urbanistes et aménagistes des municipalités, aux promoteurs immobiliers, aux agriculteurs de précieuses données, grâce auxquelles ils peuvent prendre des décisions en connaissance de cause dans les activités d’aménagement du territoire et de conservation.

Un partenaire de confiance

Bernard Filion a réussi à négocier des accords stratégiques très importants pour la protection et la restauration des milieux humides avec les ministères partenaires du PCHE. Il a réussi à obtenir un financement privé substantiel, grâce auquel CIC a pu faire l’acquisition de sites stratégiques pour la sauvagine, et à mettre au point des outils et des accords stratégiques de gestion pour établir un Centre d’excellence des milieux humides.

Sa capacité à communiquer avec tous ceux qu’il a pu contacter, dont de nombreux élus, et à les influencer, ainsi que son réseau phénoménal de contacts, son intelligence et son ouverture d’esprit ont permis à CIC de jouer un rôle majeur dans la conservation des milieux humides au Québec.

Sans sa circonspection et son intervention massive, le Québec n’aurait pas de loi sur la conservation des milieux humides et de l’eau. Le concours qu’il a apporté à cette grande cause est absolument remarquable.

En juin 2021, Bernard Filion a remporté, dans le cadre du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, le prix national Sarcelle à ailes bleues attribué par les organisateurs de ce plan pour les efforts consacrés pendant toute sa carrière à la conservation. Ce prix prestigieux est remis aux individus, aux partenariats ou aux programmes dont les activités, à l’échelle nationale ou régionale, ont fait rejaillir d’énormes bienfaits sur la sauvagine, sur les autres populations d’oiseaux migrateurs associées aux milieux humides ou sur les habitats des milieux humides.